Ne pas être du coin, venir d'un peu plus loin,
Suffisait à être honoré
D'une franche et insurmontable hostilité.
Peu de commerces, pas de marché,
Simplement une fois l'an
Carnaval, déguisements et beuveries.
Voilà ce qu'il y avait comme vie.
C'est un village pas un palace
Mais le bonheur y est coriace.
Mais le bonheur y est coriace.
De la crèche à l'Ehpad
Chaque âge y a murs et joies.
Claudine à sa fenêtre, Nathalie à la caisse,
De petits liens se tressent.
L'Étoile est un resto sympa
Pas le nom qu'on vous donnera
Quand vous ne serez plus ici-bas.
Mon problème devient le leur
Pour le régler ils y mettent leur cœur.
Parfois même en refusant le moindre euro
Ces garagistes sont mes héros.
La halle n'est pas en bon état,
Mais sa voisine s'appelle "au chocolat".
On y trouve mille-et-une douceurs
Dont celle de l'accueil pour les acheteurs.
Les trains ne passent plus
Mais la gare a encore son nom de rue.
Le bâtiment presqu'inchangé
Rappelle qu'il était gai d'y arriver.
À pied chaque étang mérite un tour
On marche, on échange les bonjours.
Les bancs on s'y assied,
À la plaine on voit les enfants jouer.
On entend l'Ouanne
Pas la vedette de la chanson mais celle d'ici.
On l'aime quand gentiment elle reste dans son lit
Et que les débordements elle les réserve à Paris.
Dans ce village, qu'on y soit né
Ou arrivé par hasard,
On s'y sent entouré.
On collectionne les bons moments.
Ils s'incrustent dans nos mémoires
Et n'en sortiront pas avant longtemps.
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