Si la clé on ne l'a pas
Certaines portes sont impossibles à ouvrir.
Je lui offrais une semaine de détente
Elle décida de venir, j'en étais ravi.
Elle allait découvrir une région
Qu'elle ne connaissait pas.
Faire une semaine autre chose
Que caresser ses chats.
Tout était bien jusqu'à ce qu'elle arriva.
Dès sa descente de train à chaque pas
Elle grimaça. Elle avait dit vouloir voir du pays.
Comment allions-nous faire ça ?
Je compris vite que cordialité et détente
Ne seraient pas au rendez-vous.
Que justifiait cette tournure navrante ?
Pour moi c'était plus que flou.
Elle s'est blessée avec un couteau
Mais c'était ma faute à moi.
Dans le tiroir de la cuisine un couteau
Qui coupe et peut faire des dégâts.
Mais ce n'était pas exception,
Rien n'était bon.
Tout trop chaud, trop froid.
Une prétendue amie ? Un vrai cheval de Troie.
Rien n'était pratique, tout méritait critique.
Très poliment elle m'interrompa
(Zut, pas de rime en "a") elle m'interrompit.
"Tu sais ça s'explique qu'ainsi on agit.
Un problème dans l'enfance qu'on n'a pas pu régler.
Se dire qu'à l'époque on ne pouvait tout contrôler.
Et donc qu'ensuite dans la vie on doit soi-même tout décider."
Connaissant cette blessure ancienne
Sans la savoir si peu cicatrisée
Croyant qu'être adulte c'est nécessairement évoluer
Assemblant ce puzzle je compris
Que parfaitement avait raison Marie.
Je me serais cassé la tête à rechercher mes torts
Rendant vains mes efforts.
Là était mon erreur, et le problème ailleurs.
Quand une blessure ancienne fait qu'on veut tout décider,
Que toute initiative à part sienne est à rejeter
On fait de sa vie une démo dont on ne veut pas sortir.
Que moi je cherche une solution n'était pas acceptable
A fortiori que je la trouve absolument intolérable.
Cela revenait à démontrer qu'elle avait tort
D'estimer que ce n'est que quand tout est de son ressort
Que les catas sont évitées, que tout peut bien se passer.
Des "non" systématiques, des rejets systémiques
J'en ai connus ailleurs.
La cause en est sans doute la même,
Les conséquences aussi.
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